Petit mot pour Bruno Salomone
Publié le 15 Mars 2026
Quand c'est quelqu’un de rigolo qui meurt, c’est toujours plus triste.
Chez les gens qui aiment bien se marrer, il y a toujours les deux grandes familles qu’on choisit dès le début : Les Nuls ou Les Inconnus. Mais étant né en 1991, je n’ai vraiment regardé les sketchs des uns et des autres qu’à mes 12 ans, à l’époque des coffrets DVD. Les sketchs que je regardais gamin, c’étaient ceux de Kad et Olivier, des Robins des Bois… et des Nous C Nous.
Bruno Salomone était et restera à jamais un génie de la comédie. Son absurde, son sens de la rupture, sa voix inimitable. Cette voix qui balançait des « MOUAIS » très graves en fixant la caméra. Sa facilité à basculer d’un personnage très sûr de lui à une énorme victime à la voix vacillante, comme avec Igor d’Hossegor. Mais il y avait aussi sa façon de jouer avec ses yeux, son énergie, ses personnages…
Les premiers sketchs que j’ai refaits dans ma vie avec le caméscope du daron, c’était PokeHomme et les Faux Débats (avec cette question qui mérite d'être posée : pour ou contre, les allumettes). Mon frère et moi, on se parle encore avec des phrases issues des Farce Attaque qu’il faisait avec Dujardin. À Noël 2004, mes parents m’ont offert le coffret de ses deux premiers spectacles, ceux d’Universal, tout jaunes. Ils ont été poncés jusqu’à ce que je connaisse par cœur le sketch du Cochon d’Inde.
Et treize ans plus tard, j’ai eu la chance de le rencontrer et de travailler avec lui. Je venais de réaliser le faux Brice 3 piraté avec son pote Dujardin ; il l’avait vu et m’avait demandé de réaliser une petite vidéo avec lui pour son spectacle Euphorique. Et j’ai eu la chance de découvrir qu’il était aussi gentil et généreux qu’il était talentueux. À l’écoute, respectueux, toujours à fond… Quand je l’appelais, j’avais droit à un tonitruant « Mister Flo !!!! » dès qu’il décrochait. Entre les prises, il prenait des nouvelles d'enfants en situation de handicap avec qui il était en contact après le tournage d'une série TF1.
Le peu de temps que j’ai pu passer avec lui m’a confirmé que, parfois, c’est bien de rencontrer ses héros. Parce qu’ils peuvent être au delà de l’admiration qu’on leur porte. Des gens supers en plus d'être grave marrants. Je relis aujourd’hui nos échanges de SMS le cœur serré.
C’était, le, cochon d’Inde.
Mais ce sera toujours le, grand, Bruno Salomone.
Mi-homme, mi-molette.
Et merci pour les rires.
Florent, dit "Mister Flo"
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